Intérim et chômage

Publié le par Dialectikon

La baisse du chômage annoncée hier est bien entendu une manipulation comptable. Et ce n'est pas nouveau. En multipliant les formations, gageons que l'on gagnera quelques centièmes sur le taux officiel.

Parmi les mensonges économiques répétés à l'envi, car ils sont politiquement porteurs, il y a celui du recours "massif" au travail dit "précaire", et principalement à l'intérim.

Il faut savoir que bon an mal an le recours à l'intérim ne représente que 3 % de l'emploi salarié. Il y a trois fois plus de CDD, pour l'essentiel dans la fonction publique.

Traditionnellement, l'intérim est un indicateur avancé : lorsque le nombre d'intérimaires augmente, les créations d'emplois reprennent quelques mois plus tard. De manière symétrique, lorsque l'intérim baisse, le chômage reprend dans le même délai.

Depuis la moitié de 2015, le travail temporaire est en croissance et le nombre d'heures prestées a augmenté de 4,1 %.

Ce début d'année est prometteur, car on peut constater la même tendance en janvier et février, peut-être même plus forte.

En temps normal, en dehors des manipulations des chiffres, il serait légitime de penser à une croissance du nombre d'emplois, limitée sans doute.

Il est trop tôt pour le dire, mais la sur-taxation des CDD d'une durée inférieure à un mois, ( +3 points sur la cotisation chômage), décidée en 2012 pourrait avoir un effet positif sur l'intérim le rendant plus attractif, les prix n'ayant pas bougé de manière significative.

Avec 1500 sociétés de travail temporaire, réparties en près de 7000 agences, cela regroupe 20 000 permanents. J'en rencontre toutes les semaines de ces permanents et je peux témoigner globalement de leur engagement et de leur volonté de bien faire malgré les risques juridiques, mais aussi les risques psychologiques et physiques. C'est très loin d'être un métier facile.

Comme dans toute profession, il y a bien sûr des brebis galeuses.

On estime qu'un tiers des intérimaires sont des "professionnels" de l'intérim dans le sens qu'ils refusent l'embauche en CDI.

Sachant que 98 % des entreprises ont moins de 50 salariés, il vaut mieux, dans le BTP notamment, être intérimaire qu'embauché.

En effet, l'intérimaire "pro" gagne plus que les salariés en CDI, et bénéficie de formations, de mutuelle, d'un fonds social et le plus souvent d'un CE ce qui impossible dans une TPE.

Cette hirondelle ne fera sans doute pas le printemps de l'emploi et n'annoncerait pas forcément une embellie due à la politique économique gouvernementale.

Mais il n'est pas impossible que malgré tout ce qui est mis en place par les pouvoirs publics pour entraver les forces économiques et la bonne marche des entreprises, la situation française frémisse en bénéficiant de l'amélioration de celle des partenaires de la France.

En attendant le crash de l'inévitable crise financière, réplique de 2007 qui nous attend.

Enfin, concordance n'est pas corrélation, la remontée de l'intérim coïncide avec la baisse devenue évidente du pétrole.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article