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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 09:08

 

 

« En premier lieu je supprime les poêles dans vos chambres : je n’ai pas envie de vous retrouver asphyxiés, un beau matin. Je supprime également les oreillers : ils donnent le dos rond. »

Folcoche dans Vipère au poing, Hervé Bazin

 

De l’Etat nounou à l’Etat Folcoche…

 

Introduction

Pour protéger les individus contre eux-mêmes et les préserver des prédateurs, des générations de politiques ont fait évoluer l’Etat providence, forcément omniscient et infaillible,  vers un Etat encore plus invasif et englobant, le fameux « Nanny state » ou Etat Nounou. N’est-ce pas bien confortable et sécurisant de vivre dans la « grande nurserie », pour reprendre la formule de Mathieu Laine ? [1]

Après tout, une nounou, c’est une personne sympathique et débonnaire, pétrie de bonnes intentions, bien nourrie,  juste un peu envahissante, mais qui sent bon les gaufres, le lait chaud  et la confiture ? Qui se souvient de la bonne vieille maman Barberin que retrouve avec bonheur le petit Rémy de « Sans famille » ? [2]

Elle nous nourrit, nous réchauffe et  nous soigne, nous éduque, bienveillante et attentive, elle nous guide dans la vie en nous racontant des histoires, beaucoup de belles histoires afin de faire notre éducation, quitte à nous mentir : mange ta soupe, ça fait grandir, ne louche pas tu vas rester coincé, « t’en vas pas voir les filles, tu finiras aux galères »…

L’Etat Nounou tremble de voir ses enfants partir à l’aventure, devenir des individus libres, et responsables : parce qu’ils pourraient faire des erreurs, se blesser, souffrir, et qu’ils risquent de le regretter plus tard.  « Je me souviens ma mère disait, mais je n’ai pas cru ma mère… Fais pas, fais pas toujours c’qui t’ plait … t’en vas pas voir les filles »[3], il y a des dangers dehors. Il nous prévient contre l’ogre capitaliste qui mange les petits enfants ou le grand méchant loup de la finance qui spolie les économies et coupe la retraite de la mère grand…

Tous les chefs d’Etat, rois, présidents ou dictateurs, et surtout peut-être la plupart des candidats cultivent cette tentation paternaliste de prendre en charge le bon peuple : père de la nation, père de la patrie ou petit père du peuple selon l'époque ou la latitude. Jusqu’à l’inénarrable François Bayrou pendant la campagne présidentielle de 2007 : « Un président de la République est dans une situation de chef de famille à la tête du pays. »

Un président pater familias ! En tout cas on ne peut guère dire que les responsables des collectivités publiques gèrent en « bons pères de familles » selon l’expression juridique consacrée. Voyez les panneaux des collectivités teritoriales apposés pour les travaux : la somme est écrite en très gros caractères et il est souvent difficile de deviner l’objectif. Ce qui importe, c’est de dépenser de fortes sommes.

Mais, l’Etat, est-ce encore cette bonne vieille nounou qui nous maintient en soupirant dans l’enfance et voudrait nous empêcher de grandir et de quitter la maison ?

« C’est pour ton bien, fais ce que je te dis, tu me remercieras plus tard » répète l’Etat.

 

Combien de fois et sur autant de sujets, sommes nous enjoints de modifier nos comportements, de conducteurs, de citoyens « responsables » en termes de consommations, tabac, alcool mais aussi port du préservatif, moins de sucres, de sel, plus de légumes… [4]

Cette expression bienveillante est-elle toujours d’actualité, n’est-elle pas dépassée par des actions d’envergure de prise en charge des individus par les représentants de l’Etat ?

Des interdictions aux injonctions, sous la pression de vieux révolutionnaires galonnés, ne sommes nous pas voués à vivre dans une société pétrifiée ? De l’Etat nounou, sommes-nous aujourd’hui sous la férule de l’Etat « mère abusive », (belle mère ?) l’Etat Folcoche ?


I Un monde d’interdits

a/ Paris – Ploumanac’h

De Perros-Guirec à Trébeurden s’étend sur une vingtaine de kilomètres l’essentiel de ce que l’on appelle la côte de granit rose : si vous avez la chance de vous y rendre, vous emprunterez la Départementale 788, une  route unique en son genre car elle longe un littoral aux contours plus déchiquetés que découpés, sauvage, brut, venté, iodé… A tout moment, le voyageur souhaite s’arrêter, se poser là, saisir le temps pour l’immobiliser et contempler un panorama fascinant. Qui ne peut ressentir l’appel du large alors que partout  terre et mer s’interpénètrent ?

Sauvage ? C’était au temps où le département s’appelait encore les Côtes-du-Nord ! Depuis, la région a été civilisée, organisée, réglementée, normalisée.

Plus question de faire du camping dans les landes, de parcourir ces chemins des douaniers étroits et touffus que l’on ne pouvait décemment emprunter qu’en pantalon de toile et chausséde bottes pour ne pas être griffé ou mordu par les pics des ajoncs,  les chardons et autres haies sauvages.

Nous craignions alors les promoteurs, êtres inhumains, assoiffés d’argent, bétonnant notre belle Bretagne… Et Dutronc chantait :

« De grâce, de grâce,

Monsieur le Promoteur,

De grâce, de grâce,

Préservez cette grâce.

De grâce, de grâce,

Monsieur le Promoteur,

Ne coupez pas mes fleurs »

 

Cependant, nous avons eu leurs ennemis qui au nom de la protection de l’environnement  chassent impitoyablement le bipède, ce prédateur humain. 

Non, je n’irai plus à Ploumanac’h :   je garderai en mémoire les baisers et la peau  douce et brune des 20 ans de M*** au pied du phare carré rose (curieuse coïncidence),  Mean ruz [5],  étape nécessaire avec l’antique cale de lancement du canot de sauvetage, sur ce qui alors était un superbe chemin des Douaniers.

Niaise nostalgie d’un temps révolu où tout était plus beau parce que nous étions jeunes ?

Jugez plutôt. Que vous empruntiez le sentier à partir de la plage de Saint-Guirec[6]  ou que vous choisissiez à l’autre extrémité le vaste parking, pour quelque temps encore de terre battue, au pied du sémaphore, une profonde déception et la tristesse étreignent l’amateur de vie sauvage.

Ce chemin, élargi pour qu’une famille entière puisse passer de front, est bordé de fils de fer, la lande rasée de près, et parsemé d’interdictions et d’injonctions : le visiteur ne peut prendre d’itinéraires de traverses, s’aventurer sur les chaos granitiques et descendre au plus près de l’eau, ce serait de la transgression permanente.

Et tout le reste de la côte est à l’avenant : interdiction de monter sur le dunes de l’île Molène qui fait face au port de Trébeurden, de camper sur la plage ou dans les landes, de sortir des  chemins bien balisés, de monter sur les rochers, de cueillir des fleurs, de se baigner en dehors des zones matérialisées, de monter sur les pontons pour rêver en voyant les bateaux de près, il est même interdit de boire le soir sur les plages…[7]

Bientôt il sera interdit de s’aimer dans les landes… Pas, en tout cas pas seulement, pour des raisons de décence, mais parce que les corps entremêlés pourraient écraser quelques fougères, faire peur à la faune  et… laisser des vestiges de protection polluer la nature.

A l’interdiction de ramasser des galets et bientôt les coquillages, celle de pratiquer la pêche à pied devrait suivre car les amateurs fouillent le sable, retournent des rochers et perturbent la nature, ou  les algues au nom de la préservation : surtout que rien ne bouge, partout que rien ne change. Si la municipalité de Trébeurden respecte son engagement de ne plus ramasser les algues qui pourrissent sous le soleil sur la superbe plage de Tresmeur, afin de préserver la laisse de mer,  gageons que les touristes fuiront. Il n’est pas impossible que cela soit l’objectif ultime : pour beaucoup d’écologistes, l’être humain n’est plus le pollueur mais un polluant en tant que tel au même titre que le gaz carbonique.[8] Depuis des siècles les goémoniers ramassaient les algues sur les plages pour amender les terres : à l’interdiction des engrais chimiques, au refus obscurantiste de toute recherche sur les OGM succédera bientôt l’interdiction des engrais « naturels », au nom sans doute de la lutte contre le profit maximum et le productivisme.

Impressionnante aussi l’omniprésence des gendarmes chargés l’été de surveiller ces cités dangereuses, scrutant en permanence les touristes, mal nécessaire dont on prend l’argent avec dégoût. L’été, la côte est sous contrôle, y compris des hélicoptères qui surveillent les probables délinquants terroristes qui se baignent : gageons qu’un jour ils seront équipés d’appareils  pour déceler les baigneurs qui se soulageraient en nageant… Pollution vous dis-je ! [9]

 

b/ Et retour à Paris-Plage ou Paris-Gymkhana

Conduire dans Paris est devenu un parcours d’obstacles particulièrement déroutant : multiplication des sens interdits, des couloirs de bus une fois à droite, une fois à gauche et une fois à contre sens, des murets de séparation, des travaux permanents pour réguler, contrôler et toujours, changer les comportements. Les voies larges et ouvertes du Paris haussmannien disparaissent sous la volonté de maîtriser les allées et venues des citoyens non conformes. Par la grâce des édiles éclairés, les Parisiens retrouvent les embarras du temps de Boileau. Echappez vous des rues des villes, les parcs vous accueillent tous par des listes énumérant ce qui est « formellement interdit » : aux abords du lac des Ibis, au Vésinet,  et sur les espaces verts l’inventaire à la Prévert des proscriptions inclut le fit de jouer au ballon, en dehors du cadre strictement familial, de chasser, de tirer à l’arc, de faire du patin à glace, du canotage, de donner à manger aux canards, de pique-niquer, d’infliger aux animaux des mauvais traitements ou des actes de cruauté [10]… Ce qui surprend c’est qu’une municipalité soit tenue d’énoncer certaines de ces interdictions qui tombent sous le sens, au risque d’en oublier. Pourquoi  ne pas prévoir d’interdire aussi les mauvais traitements et les actes de cruauté envers des êtres humains ?

Enfin, les caisses et certains rayons des grands magasins sont désormais garnis d’un panneau d’interdiction de se trouver en état d’ébriété sur la voie publique, et de vendre de l’alcool » aux « mineurs de moins de 18 ans » : les mineurs de plus de 18 ans et les majeurs de moins de 18 ans ne sont pas encore prévus.

Au nom de l’environnement, de la sécurité, de l’emploi, du développement économique, peu importe, tous les prétextes de contrôle de la société sont bons, nous sommes cernés par les interdictions : cela va de l’interdiction de faire du feu dans les jardins [11] jusqu’à la célèbre interdiction des licenciements.

 

II Des interdictions aux injonctions.

Dutronc encore, se moquait dans les années 70 de l’éducation traditionnelle normative :

«  Fais pas ci, fais pas ça
Viens ici, mets toi là
Attention prends pas froid
Ou sinon gare à toi
Mange ta soupe, allez, brosse toi les dents
Touche pas ça, fais dodo »

Pourtant, comme la Folcoche de Hervé Bazin, qui veut éviter à elle-même le désagrément d'avoir des enfants victimes du mauvais fonctionnement du chauffage, l’Etat fait pleuvoir sur nous une cataracte de « conseils ».

 « Evitez de manger gras, sucré, salé », 5 fruits et légumes par jour, bougez, faites du sport, ne fumez pas, ne buvez pas, faites une pause toutes les deux heures, triez vos déchets, soyez solidaires…  « Indignez-vous ! », et on entend « engagez-vous » : l’action militante se vit comme une action militaire civile. La communication des autorités se conjugue presque exclusivement à l’impératif.

Et maintenant, « Jack-a-dit » faites la fête ! Alors se succèdent après les fêtes des mères, des grands-mères, des pères et bientôt des beaux pères et belles mères, la fête de la musique, la fête des voisins… Chaque jour qui passe sera bientôt par la grâce des super-fonctionnaires qui s’ennuient à l’ONU  une « journée mondiale », enfin le ministère de la culture nous dit quels auteurs il faut commémorer et ceux qu’il faut proscrire.

Sois solidaire, sois citoyen, sois responsable ! Le « sois responsable » ne fait pas référence à la responsabilité individuelle, à l’acceptation des conséquences de ses actes mais à l’abdication et à l’effacement des velléités de vie personnelle devant la responsabilité collective : tu es coupable du réchauffement climatique et de la dégradation de la nature, alors sois responsable.

Chaque entreprise, chaque individu doit être « citoyen », éco-responsable ce qui dans la novlangue signifie se plier aux injonctions à la pression sociale. Ce n’est pas une répétition de 1789, mais c’est bien plutôt 1793. La publicité à la télévision culpabilise les comportements individuels : les déchets supposés du citoyen socialement irresponsable sont plus importants que lui et le suivent comme l’œil suivait Caïn. Viendra le temps ou les poubelles seront pesées et vérifiées avant d’être basculées dans la benne par les éboueurs.

La culpabilisation permanente atteint son apogée avec le calcul de l’empreinte écologique [12] individuelle : en respirant nous rejetons du CO2 ; sommes-nous coupables de vivre ? Tout se passe comme si le péché originel était  la vie elle-même. On nous promet le paradis terrestre lorsque nous ne serons plus là. En attendant il faut se repentir. Et changer de comportement. [13]

 

Préserver la nature, l’environnement, le littoral, éviter les maladies, le surpoids et l’anorexie, empêcher les accidents, les drames, protéger les individus contre leurs comportements erratiques, les bonnes intentions ne manquent pas pour étouffer la vie. Le champ d’exploration du contrôle des individus est encore largement inexploré. S’il y a près de 500 morts tous les ans suite aux accidents du travail, et chaque mort est de trop, il y a près de 19 000 morts des suites des accidents domestiques. Quand on prend la mesure des réglementations et de leurs contrôles qui enserrent les entreprises, on imagine facilement les restrictions, pour notre bien, de nos initiatives individuelles dans nos maisons. Déjà, lors de naissances, nous subissons l’intrusion de personnes « qualifiées » pour vérifier si nous sommes capables d’élever nos enfants – et curieusement elles n’identifient rien lorsqu’il le faudrait – des normes nous imposent de changer nos ampoules électriques, d’installer des détecteurs de fumée et de transformer nos maisons en bouteille thermos.

Quelle limite à l’invasion de la vie privée ? Les caméras de surveillance sur les routes et dans nos rues et autres lieux publics ne se justifieraient-elles pas dans nos maisons. « By George ! » 1984, est-ce si loin que cela ?

Imaginons qu’un rapport fasse le lien entre la déficience visuelle et la lecture dès le plus jeune âge. Pourquoi alors ne pas réguler le temps de lecture ? Les grands lecteurs ne s’abîment-ils pas les yeux ? Les dangers de la lecture, c’est aussi ce qu’on lit, non ? J’ai connu des familles pour lesquelles lire c’était perdre son temps… Lire, alors qu’il faut bouger ?

Gageons que la techno-phobie ambiante montrera du doigt en priorité les livres électroniques comme sont déjà sous le feu des régulateurs les sites Internet. On commence par ceux qui sont réputés licencieux puis par contagion ceux qui ne sont pas conformes. [14]

On remarquera enfin que les injonctions qui relevaient de l’éducation, tant à l’école que dans la famille comme se laver les mains, mettre la main devant sa bouche lorsqu’on éternue nécessitent de coûteuses campagnes de publicité étatique.

 

II Mai 68, révolution trahie par ses acteurs ?

« Il est interdit d’interdire », « l’imagination au pouvoir », « Elections piège à cons » que sont devenus les meilleurs slogans des soixante-huitards ? Ils se sont envolés depuis que leurs auteurs  sont aux commandes de l’Etat, des collectivités, des médias : patrons de presse, dirigeants de partis politiques, élus ou ministres.

Dans la pièce de Sartre « Les mains sales », Jessica lance à Hugo :

« Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la Société. Méfiez-vous des enfants sages ! »[15]

Mais il serait plus juste d’ajouter aujourd’hui : « méfiez-vous surtout des enfants rebelles, Madame, ils font des flics et des procureurs intransigeants. Ils montent sur les barricades, défient le pouvoir et crient « Libertad !». Mais c’est pour eux, pas pour les autres. Les enfants rebelles ne supportent pas qu’on leur résiste, qu’on puisse leur dire non et remettre en cause leurs convictions et leur autorité, que chacun s’arroge le droit de n’en faire qu’à sa tête.

Ils n’étaient pas rebelles contre l’autorité en tant que concept, mais parce qu’ils n’étaient pas l’autorité. Il faut réécouter la terrible chanson satirique de Brel, « Les Bourgeois » : les vieux « peigne-culs » ont pris le pouvoir et ne supportent qu’une contestation contrôlée et contrôlable. Journalistes et politiques craignent Internet parce qu’ils perdent le monopole de la parole, de l’interprétation et de la manipulation.

 

Maurice Clavel aimait citer cette exclamation, extraite d’un éditorial du « Libération » des années 70 du journaliste  Philippe Gavi : « Est-ce qu’il n’y aurait pas dans la pensée marxiste un virus, qui nous rendrait tous flics et procureurs les uns des autres ? »

Flics et procureurs vis-à-vis de ceux qui ne sont pas marxistes, c’est légitime ! Mais entre nous, quelle horreur ! Que Trotski ait fait assassiner et déporter des saboteurs (les grévistes) contre révolutionnaires, des koulaks, quoi de plus normal. Mais que son complice l’assassine, c’est antidémocratique ! Que l’on applique les mêmes techniques de procès truqués et arbitraires contre ses frères d’armes communistes, c’est « l’horreur politique » !

André Glucksmann avait noté que l’injonction de l’abbaye de Thélème « Fais ce que voudras » [16] n’était pas un hymne à la liberté mais bien une disposition totalitaire. Fais aujourd’hui ce que tu finiras par vouloir, une fois rééduqué, puisque d’une manière ou d’une autre, il est nécessaire que les individus changent de comportement [17] et qu’il faut les pousser à changer de civilisation.[18]

Pour des raisons de sécurité les entreprises croulent sous les normes et les obligations : éclairage, surface par salarié, rédaction des contrats, niveaux et grilles de rémunérations, procédures d’embauches. Chaque chef d’entreprise vit sous la menace des contrôleurs du fisc, de l’URSSAF, de l’inspection du travail et des Caisses d’Assurance Retraite et de la Santé Au Travail, les Carsat, ex-Cram : à ces organismes s’ajoute la mise sous tutelle de la gestion par les syndicats « représentatifs », autrement dit « conformes ».

On se gausse des libertés perdues par les américains au titre du Patriot Act, au nom de la sécurité publique. Autant de libertés sont supprimées en silence au nom de la sécurité sociale.

Bientôt notre vie domestique sera elle-même normalisée, codifiée : conditionnement dès le plus jeune âge et pression sur les enfants pour qu’ils rééduquent leurs parents… Ce n’est pas nouveau, mais c’est d’une toute autre envergure. C'est pour quand l’encouragement aux dénonciations ?

Pour protéger l’environnement et limiter les consommations d’énergie, les nouvelles normes du bâtiment nous poussent vers la maison hermétique : à un de ces thuriféraires, j’objectais que je dors toute l’année, même en hiver, avec la fenêtre ouverte. « Eh, bien il faudra changer vos habitudes… » me suis-je entendu répondre.

Au nom de la sécurité, de la prévention des risques, la liberté recule. C’est la mise sous tutelle[19] de tout individu, de tout citoyen : nous devenons un peuple d‘incapables majeurs.

 

Changer ses habitudes, changer ses comportements, changer de civilisation, changer les autres… Tout cela était bien inclus  dans le slogan « changer la vie ». Pour qu’elle corresponde à leur utopie, leur cité idéale, berceau de toute société totalitaire.

 On s’alarme de l’intrusion dans la vie privée de Facebook ou de l’extraordinaire outil qu’est « Google street » et pendant ce temps l’Etat, ce qui inclut les collectivités territoriales, contrôle chaque étape de la vie, chaque geste mais aussi scrute nos pensées et arrière pensées.

On remarquera l’omniprésence d’organisations, dont les membres ne sont pas assermentés, qui agissent en comité de salut public ou en commissaires du peuple. A l’instar de Tintin, les journalistes ne sont plus des « reporters » mais se font enquêteurs privés, chasseurs de primes. Les enquêtes en caméra caché pour piéger les interlocuteurs, souvent des salariés, sont illégitimes. Ils instruisent à charge, se font juges et parties et aucun droit de la défense n’est respecté : les contrevenants sont tenus de s’expliquer et s’ils ne répondent pas aux appels des journalistes c’est bien qu’ils sont suspects. C’est d’autant plus le cas dans les affaires de tests sur la discrimination organisés par des associations ou personnes privées et patronnés par la Halde [20].

Les héritiers de Mai 68 et les psycho-pédagogues, style Françoise Dolto ou les « libres enfants de Summerhill » d’Alexander S.Neill, ont induit une rupture systémique : d’une part la suppression de toute limite dans le développement de l’enfant dans sa relation aux autres, il ne faut pas le brimer, avec des contraintes comme l’orthographe, la grammaire ou le travail de la mémoire, ni le frustrer dans son expression et d’autre part l’adulte perd tout libre arbitre et chaque acte est scruté et contraint. Pour son bien, c’est évident.

Les parents protecteurs et normatifs sont moqués, et s’installe une société protectrice et normative.

Allons-nous vers une société glacée et pétrifiée ?

 

III Pétrification de la société

Aux interdictions, injonctions impératives et autres obligations s’ajoutent trois tendances lourdes vers une société fermée, contrôlée, immobile : la constitutionnalisation des règles, la recherche effrénée de statuts et un effet « cliquet » bloquant toute remise en cause.

-          La constitutionnalisation du droit.

Après la multiplication des lois de plus en plus détaillées, précises, accompagnée  d’une multitude d’arrêtés et de décrets qui échappent au législateur [21] on voit des dispositions  monter d’un cran dans la hiérarchie pour limiter tout retour en arrière : inscrire dans la constitution c’est marquer sa volonté de figer à l’avance toute évolution.

Dévoyés depuis longtemps, les principes fondamentaux de la Constitution, pourtant préservés par les américains, à savoir la protection de l’individu des abus de l’Etat et des autorités, le sont aujourd’hui de manière flagrante puisque la constitution française protège les institutions des initiatives individuelles et des évolutions futures. Principe de précaution, « règle d’or » des finances publiques, relations sociales dans le projet de François Hollande, la Constitution Française va finir par exploser de cette inflation d’articles.

Le principe de précaution, déjà inscrit est sans doute le plus symptomatique et nous rappelle les heures noires de la révolution française.

 « La république n’a pas besoin de savants ni de chimiste ! » s’exclame le président du tribunal révolutionnaire qui a condamné Lavoisier à la guillotine. On interdit les recherches sur les OGM, par la violence, l’intimidation et la complicité de la justice, la recherche nucléaire, par les mêmes moyens, la recherche sur les médicaments, en stigmatisant les laboratoires sur le coût et les risques, et toute innovation doit être bloquée, déclenchant rumeurs et suspicions tant qu’on n’en connait pas les conséquences : le téléphone portable en est une des dernières victimes.

 

-          La recherche de statuts

Créer des statuts pour les beaux parents, les étudiants, maintien à toute force du statut des fonctionnaires : on veut un statut, donc une rente et une stabilité permanente. La peur du risque, de l’évolution, de la précarité, de l’échec fige chacun dans son rôle et sa place dans la société.

Beaucoup de jeunes, élevés dans le « droit à » rêvent d’être fonctionnaires, pour que leur vie soit tracée, réglée, sans risques avec une retraite plus forte et plus précoce.

 

-          Effet cliquet

A la moindre velléité de réforme, on hurle à la « casse du service public ».

L’évolution de la démographie pousse à la réflexion sur le maillage des classes dans les communes : immédiatement fleurissent des banderoles de « parents en colère ».

Une fois créés, les emplois ne doivent plus être détruits : on invoque les licenciements boursiers mais jamais des créations boursières.

Réfléchir, penser, envisager de nouvelles solutions, fermetures, ouvertures, immédiatement il y a levée de bouclier contre la remise en cause des acquis, pas seulement sociaux. Un conseil d’administration évoque parmi d’autres l’hypothèse  d’une délocalisation, y compris à quelques kilomètres, d’une fermeture d’usine, d’une relocalisation, à l’instant les dirigeants doivent s’expliquer sur cette atteinte inadmissible à l’emploi, parfois sur convocation du gouvernement. Les conditions économiques, l’attente de la clientèle, les besoins poussent-elles un chef d’entreprise à créer un emploi ? S’il le fait, c’est fini, il ne peut plus se raviser, quelle que soit l’évolution des paramètres économiques et commerciaux.

L’effet cliquet interdit non seulement tout retour en arrière, mais tout changement de l’environnement : c’est la foi selon laquelle il n’y aurait qu’un seul chemin et que tout acquis ne peut être qu’à durée indéterminée.

 

 

Conclusion : Surtout que rien ne bouge, partout que rien ne change. Sauf les hommes.

L’Etat Folcoche se donne pour mission de changer nos comportements, changer l’homme, il faut bien sûr entendre l’être humain, le façonner, le rééduquer. Les mêmes qui s’étouffaient lorsqu’on évoquait la « morale », exclue de l’enseignement au profit d’instruction civique, décrivent les bons comportements, les bonnes pensées. Il n’est plus besoin de camps de rééducation, c’est toute la société qui s’en charge, à travers les médias et les élus. Dès le plus jeune âge, on façonne un homme nouveau. Pour son bien, pour qu’il n’ait pas le dos rond, pour qu’il ne soit pas asphyxié, ni par le monoxyde, ni par le dioxyde de carbone,  pour qu’il ne tombe pas, pour qu’il ne soit pas malade, pour qu’il n’ait pas un jour à regretter un de ses actes… « Fais ce que voudras… »

Folcoche sait ce qui est bon pour ses enfants, l’Etat sait ce qui est bon pour ses citoyens : son temps de travail comme son temps de loisirs.

Le ministère du temps libre du premier gouvernement Mauroy en 1981 a disparu, mais l’esprit est le même dans l’expression de sa mission :  « conduire par l'éducation populaire, une action de promotion du loisir vrai et créateur et de maîtrise de son temps ». 

L’Etat et ses fonctionnaires éclairés étant les seuls à savoir ce qu’est la vérité et la créativité dans le loisir.

C’est la « formation tout au long de la vie », l’éducation permanente, la rééducation permanente.

Tout se passe comme si on s’était rendu compte qu’il était inutile de placer les individus dans les camps de rééducation : il suffit d’organiser la société d’éducation permanente, de rééducation permanente, écho clair de la révolution permanente, bien balisée, décourageant toute initiative non autorisée. N’est-ce pas le sens du principe de précaution inscrit dans la constitution ?

Et pour façonner notre conduite, les radars deviennent aussi « pédagogiques » [22]: on nous prend vraiment pour des enfants.

 

Le pire n’est jamais sûr et les prévisions se réalisent rarement . Pourtant il est légitime d’imaginer un développement totalitaire : limitation de la durée du travail pour tous, y compris ceux qui ne sont pas salariés, limitation et contingentement non par manque ou risque absolu de pénurie mais par « responsabilité citoyenne » du volume d’eau par jour et par habitant, de la consommation d’électricité, des distances parcourues. Nous connaîtrons ainsi le rationnement- citoyen gage d’un paradis terrestre retrouvé du temps où la présence de l’homme ne polluait pas la terre.

L’Etat n’aime pas la liberté. Il veut toujours prendre le contrôle de ce qui n’est pas créé par lui. Et comme l’Etat ne crée pas…

L’Etat Folcoche craint la liberté, l’initiative, la créativité et même l’insolence non autorisée.

Alors il multiplie les interdictions, les obligations, les injonctions, les règlements stricts et veut réguler les comportements…

La société deviendrait-elle une vaste maison de redressement ?


Alain C. Toullec
Ce texte est une version 1 : il a vocation à être amélioré et enrichi à l'aide de toute suggestion et toute remarque que pourront en faire les lecteurs.
En cas d'utilisation, merci d'en citer la source.

[1]  Mathieu Laine, La grande nurserie, JC Lattès, 2006

[2] Hector Malot, Sans famille

[3] Chanson du « galérien », de Maurice Druon et Léon Poll. La nounou Roselyne ne menace-t-elle pas de sanctions ceux qui sont tentés de répondre favorablement aux sollicitations des professionnelles ?

[4] Les consommations de sucre, d’alcools, d’huile etc. ont baissé avant les grandes campagnes du style « 5 fruits et légumes par jour ».

[5] En réalité, Ruz en breton signifie rouge mais sa couleur au soleil correspond bien à celle du granit de la région.

Littéralement, c’est la côte de granit rouge.

[6]  Ne manquez pas, Mesdemoiselles,  de planter une aiguille dans le nez de la statue du Saint au milieu de la grève : si elle tient,  vous serez mariée dans l’année.

[7] La séquence est classique : du verre cassé est trouvé sur la plage, il y a un risque de coupure pour un enfant, donc l’autorité crée une nouvelle interdiction. La prohibition,partielle pour le moment, s'étend en cet été 2011 : Lyon, Paris...

[8] « Faire des enfants tue » proclame l’écologiste anthropophobe Michel Tarrier.

[9] Tout le monde parle de l’invasion des toxiques algues vertes : on s’en débarrassera sans doute avant les toxiques taxes de séjour.

 

[10] Cette liste est authentique !

[11] Matthew Robinson, le maire Démocrate de Hazelwood dans le  Missouri, une ville de 25 000 habitants a fait interdire la vente de « cookies » par les « girls scouts » sur la pelouse de devant des maisons individuelles. Pourquoi ? Parce que cela fait aboyer les chiens et augmente la circulation dans les rues troublant ainsi l’ordre public. (Source, Associated Press)

 

[12] WWF : « L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature . C'est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de déchets. » Autrement dit l’homme ne fait pas partie de la nature, la surface cultivée « idéale » est une constante, aucun progrès ne peut être fait, donc plus il y a d’hommes, plus l’espace vitale est limitée. Qui seront les élus ?

[13] Pendant ce temps, il est interdit aux enseignants de noter le comportement sur les bulletins scolaires : mais là il s’agit du comportement civique, de la politesse, de la bonne camaraderie.

[14] Cela existe évidemment dans les pays totalitaires : le présupposé, c’est que nous sommes censés être dans un pays libre.

[15] « Les mains sales », Jean Paul Sartre, troisième tableau, scène 1.

[16] André Glucksmann, Les maîtres penseurs, Grasset, 1977

[17] Plus de 3 000 000 d’occurrences directes sur Google pour l’expression « changement de comportements ». C’est d’autant plus remarquable que pour l’essentiel ils sont liés à l’écologie et au présupposé de l’origine humaine des variations climatiques.

[18] N’est-il pas terrifiant de voir une femme politique, même bien entourée par des « experts »,  rêver de « changer de civilisation » : identifier une « civilisation » idéale et vouloir la mettre en place est l’ambition de tout utopiste et mène irrémédiablement au totalitarisme. La caution des experts, réputés apporter une démarche scientifique, a pour fonction de décourager toute velléité de débat et de contestation.

[19] L’université, et plus spécifiquement les IUT, a intégré dans son vocabulaire le barbarisme « projet tutoré » pour les étudiants. Les ingénieurs conseil des Caisse d’Assurance Retraite et Accidents du Travail, CARSAT (ex CRAM) prônent la nomination de tuteurs pour tous les intérimaires.

[20] Selon une jurisprudence constante « le juge pénal  ne peut refuser d’examiner des éléments de preuve apportés  par des particuliers au motif qu’ils ont été obtenu de façon déloyale. » in Circulaire relative à la présentation des dispositions de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances relatives à la lutte contre les discriminations et du décret n° 2006-641 du 1er juin 2006 relatif aux transactions proposées

par la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.

[21] Le code du travail est complété par des circulaires qui disent le droit sans passer par le législateur. La réécriture du code du travail, applicable depuis le 1er mai 2008, sous prétexte de simplification a même dans certains cas changé le droit sans passer par le débat à l’Assemblée nationale. A quoi sert le parlement ? Qu’en est-il de la séparation des pouvoirs lorsque les fonctionnaires font le droit et/ou bloquent les réformes ?

[22] Les spécialistes de la formation québécois utilisent à tort pour les adultes le néologisme « andragogie », qui ne fait pas référence aux adultes mais aux hommes, autrement dit le sexe masculin.

Par Dialectikon - Publié dans : La Démocratie en question
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 08:53

Fanny a disparu

 

Par cette belle soirée ensoleillée de Printemps, je me faisais une joie : je n’étais pas venu dans la cité Phocéenne, comme ils disent, depuis longtemps et je n’allais pas repartir sans présenter mes respects au Vieux Port.

C’est la rançon de mon beau métier : Marseille cette semaine, Lyon la suivante, puis Aix, Saint Marcel lès Valence et doivent suivre Strasbourg, Grenoble et ainsi de suite…

La journée fut studieuse avec mes stagiaires, dynamiques, intéressés et positifs, pour le moment du moins, ils découvrent. Droit du travail temporaire, le délai de carence et les visites médicales introuvables, l’activité bridée et entravée, l’insécurité juridique… La discrimination à l’embauche : eh ! Oui, la discrimination positive est une discrimination négative.

Alors, sur ces dix-huit heures de ce 23  mars 2011, j’ai hâte d’admirer le vieux port, les mouettes, les bateaux au soleil déclinant.

De la gare Saint Charles, près de laquelle se situe mon hôtel, je rejoins d’un bon pas au plus direct la Canebière, les Champs Elysées de Marseille. Je voyais ça plus gai. Enfin, marchons.

 

Il y a de l’animation, des groupes d’hommes discutent, par trois, quatre, dix. Le soleil dans les yeux, je descends vers la mer, jetant mes regards à droite à gauche et je me dis déjà : c’est curieux, je suis en manque de quelque choses, je ne sais pas, de couleurs peut-être ?

 

Pas grand monde, au Vieux Port, je veux dire sur les quais : plus de clochards avec leurs chiens que de touristes, encore des groupes d’hommes, tiens quelques femmes et des embouteillages tout autour.

Mon sentiment de manque augmente, je ne sais pas, je souris au souvenir du « Ferry-boate », pense à une partie de boules qui n’y est pas… Non, ce n’est pas cela.

Prenant à droite, je longe le port et m’arrête un instant : là haut Notre Dame de la Garde brille, et devant moi une forêt de mâts et de coques blanches. En insistant sur mon observation, je vois bien tous ces bateaux mais il n’ya pas de vie. Personne à bord, sur aucun, et pas d’entrées ni en sorties. Même à Caen, au début du mois de février, et quelques dizaines au plus de bateaux de plaisance, et l’on est beaucoup plus loin de la mer, il y avait plus de mouvements.

 

Vieux Port, peut-être mais nouveau parking à bateaux, sûrement.

Une déception ne fait pas un vide.

Le malaise va grandissant, toujours des groupes d’hommes, les plus âgés affalés sur les bancs, quelques femmes, bien couvertes, pas beaucoup de foulards, néanmoins. J’en aperçois une, les cheveux longs ondulés, peut-être blonds, la quarantaine, une espèce de robe courte froufroutante, bien verte et assez grande pour dépasser de deux têtes son compagnon.

J’observe à la dérobée et je me dis : « elle n’a pas du commencé sa carrière de femme dès le début, ou alors elle a pris un raccourcis. »

 

Pas de marins non plus : les garçons de Marseille ne rêvent plus aux îles sous le vent.

Insatisfait, je remonte le début de la Canebière puis oblique sur le Cours Belzunce et alors, l’évidence me saute aux yeux, stupéfait. Je n’en ai pas vu beaucoup, quelques fillettes et des mères mais là il n’y en a plus du tout, il n’y a plus de femmes.

Aux terrasses des cafés que des hommes, je jette un regard circulaire, des hommes, des vendeurs à la sauvette, oranges ou bimbeloteries, mais pas une femme, pas une jeune femme. Je regrette Paris, Rouen, Louviers… Je presse le pas, rue d’Aix jusqu’à l’Arc de triomphe, là un groupe de trois mères avec des enfants et je remonte vers la gare.

Arrivé là, je souffle, quelques jeunes femmes, seules, enfin. Elles ont des valises.

 

Une quinzaine de braillards s’esbaudissent sur le parvis : deux packs rouge et or de 24 bouteilles de bière posés sur le muret. L’un est éventré, vide aux trois-quarts. L’autre attend son heure.

 

Le soleil est parti se coucher, je rejoins ma chambre.

Ô Panisse, ô Escartefigue, ô César !

Où sont vos femmes ?

Où sont vos filles ?

Ô Marius ! Marseille est désolante.

Fanny a disparu.

Par Dialectikon
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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 12:03

 


« Sa place est dans une poubelle » lança avec rage le bouquiniste, visage fermé, œil noir et suspicieux sur ce jeune, c’était au temps de mes vingt ans, qui semblait intéressé par «Bagatelles pour un massacre » de Céline.

 J’avais, furetant partout, aperçu, isolé sur l’étagère d’en haut de sa boutique un exemplaire original au papier jauni et l’avait interrogé sur le prix qu’il en demandait.

 

Au milieu des années soixante-dix je fréquentais une petite librairie de livres anciens, d’affiches et de journaux à l’angle de la rue du Vieil Abreuvoir et de la rue des Coches  à Saint Germain en Laye.

 

J’ai déniché chez « Strogor », l’enseigne qu’il s’était donné, des trésors poussiéreux y compris quelques exemplaires du journal « Voici » des années trente, dont les couleurs se limitaient à des variations de bistres et où l’on commençait à voir apparaitre des femmes dénudées. La particularité étant que ces « Voici » de ce temps là étaient alors rédigés en français.

 

A vrai dire, je m’étais bien laissé emporté par le flot tumultueux du « Voyage au bout de la nuit  » de « Mort à crédit » et de « Guignols’band » mais j’ignorais complètement le thème de « Bagatelles » : cela n’évoquait pour moi qu’un titre dans une bibliographie.

 

Ce n’est que bien plus tard que j’ai saisi et apprécié le comportement du bouquiniste d’autant qu’il refusa tout net alors de s’expliquer sur sa réaction. Peut-être a-t-il confondu comme au plus fort de la polémique de ces dernières semaines, intérêt ou curiosité et adhésion ?

 

Cette anecdote oubliée m’est revenue lors de la tempête qui a agité la classe médiatico-politique au sujet de la possible  commémoration du cinquantenaire  de la disparition de Louis Ferdinand Céline. Fallait-il ou non l'inclure dans la liste des célébrations nationales de 2011 ?

 

Notre ministre de la culture a retiré Céline de la maintenant fameuse liste. Et d’une.

France Culture,radio d’Etat dont le Patron est nommé par le Président de la République, a néanmoins consacré une émission d’une demi-heure pendant cinq jours du 14 au 18 février au même Céline. Et de deux !

 

Voilà comment l’état gère d’en haut la culture ! Les bouquinistes, et les citoyens, n’ont-ils pas plus de bons sens pour choisir la bonne étagère pour placer les livres que les représentants de l’Etat ?

Car le vrai débat est autre : de quoi se mêle l’Etat de nous dire de qui et de quoi le bon peuple doit commémorer ou célébrer la naissance ou la mort ? Quel tartuffe a placé par exemple dans la liste de 2010 la création du PSU par Michel Rocard et dans celle de 2009 la création de la « Vie Ouvrière » ? Et en 2012, ils vont célébrer la création de « Minute » peut-être ? (1962)

En 2011, l’Etat prévoit de commémorer le premier album d’  « Astérix » comme il l’a fait pour les Pieds Nickelés en 2008 au titre des arts ! On n’a vraiment pas besoin de lui.

D’ailleurs Wikipédia n’a pas supprimé Céline de sa liste !

 

Chaque jour de l’année est désormais ponctuée par des célébrations et des commémorations obligatoires, nationales, auxquelles s’ajoutent désormais, des journées de l’eau, de la paix, de la solidarité, de la femme, de la radio et de la télévision en faveur des enfants (sic, 6 mars)…

Toutes ces commémorations déclenchent en nous un fort sentiment de commisération pour les gouvernants.

 

L’Etat français à toute force veut gérer, guider d’en haut nos comportements, nos sentiments, nos solidarités, nos lectures, nos pensées, notre avenir, nos mémoires. « C’est pour ton bien, tu me remercieras plus tard ! »

 

Décidément en France, ce n’est plus l’Etat Nounou, c’est l’Etat Folcoche.

 

 Alain Toullec

Par Dialectikon - Publié dans : La Démocratie en question
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 14:32

   

En 2009, au nom de la loi Evin, la régie publicitaire du métro parisien avait masqué la pipe de notre cher et bon vieux Tati sur une affiche présentant une exposition.  Depuis, les députés socialistes ont proposé une loi qui vient d’être rejetée excluant les œuvres artistiques d’une appréciation de la loi trop rigoureuse.
Le gouvernement répond en promettant une circulaire, il faut bien occuper les fonctionnaires, et en appelle à une autocensure.
 
Voici un message que, divine surprise, le modérateur du Figaro a accepté de laisser passer sur le site internet.
 
Ni Louis XIV, ni les dévots n'auraient osé : bientôt Molière sera censuré par notre  Etat et nos élites bien engagés sur la route de la servitude.
 
Souvenons-nous :
" ACTE I, Scène première du Don Juan :
 
SGANARELLE, tenant une tabatière : Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d’en donner à droit et à gauche, partout où l’on se trouve ? On n’attend pas même qu’on en demande, et l’on court au-devant du souhait des gens: tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d’honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. "
 
La force juridique d'une circulaire est très limitée : le bon Sganarelle ne se contente ni d'une évocation ni d'une représentation du tabac mais en fait l'éloge. La Comédie Française sera-t-elle contrainte de supprimer ces premières lignes ou l'acteur devra-t-il porté un écriteau joyeusement bordé de noir, « fumer tue » en s'écriant « qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre » ?
 
Les censeurs, peut-être vexés dans leur jeunesse d'arborer de « vilains nez » ont-ils déjà pensé à interdire aux enfants de chanter « j'ai du bon tabac » ?
 
Mais Molière n'est-il pas, à l'aune de nos lois présentes et futures plus coupable encore ?
Payé et soutenu par le Roi, premier industriel du tabac puisque la « manufacture » était un monopole royal, n'y avait-il pas conflit d'intérêt avec cette publicité qui ouvre, on ne sait pourquoi, la pièce ?
 
Lorsque la pression sociale et politique sur la création et la liberté d'expression est telle, il est honteux d'évoquer l'autocensure. 
Par Dialectikon - Publié dans : La Démocratie en question
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:02

Le journaliste français est un citoyen fragile, sensible, soucieux de justice et d’égalité des droits. Son omniscience est un fardeau pour lui, investi qu’il est d’une essentielle mission de salut public d’information.

Pourtant  comment ne pas être agacé de l’unanimité des médias sur l’essentiel des sujets, chaque journaliste individuellement s’abstenant consciencieusement de toute recherche critique : chaque matin « le dossier du jour », censé montrer leur capacité d’investigation est le même à RTL, Europe 1 ou France Inter, fait la une du Figaro, des Echos ou de Libération. Le plus souvent, la base de l’information est une dépêche de l’AFP dont les journalistes réalisent dans le meilleur des cas une vague paraphrase lorsque ce n’est pas un moderne copier-coller.

Le refus du débat portant sur l’origine humaine, forcément humaine,  des variations climatiques ou les commentaires (comment pourrait-on parler d’analyse ?) sur la situation politique américaine représentent de ce point de vue des exemples caricaturaux.

Hyper sensibles, la liberté de la presse leur paraît immédiatement mise en danger dès lors qu’un observateur ne faisant pas partie du sérail se permet une remarque sur leurs méthodes de travail ou leurs avantages par rapport aux autres citoyens.

Il en est ainsi de leur réduction fiscale pour frais professionnels  mais aussi, et c’est moins connu, de leur niche sociale leur permettant de substantielles économies de charges. Même si l’avantage était symbolique, le privilège n’en resterait pas moins une loi particulière bénéficiant à certains citoyens au détriment des autres.

Mais c’est aussi une profession largement subventionnée par les contribuables.

Moins de cotisations sociales pour les journalistes.

Pour certaines catégories de salariés, les employeurs sont autorisés à appliquer à la base de calcul des cotisations de sécurité sociale une déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels, en pourcentage des rémunérations.

Sont prévus dans la liste de ces ayants droits, une vingtaine de catégories, des professions aussi diverses que celles des artistes (25 %), des navigants de l’aviation marchande (30 %), des mannequins (10%) mais aussi des ouvriers du bâtiments (10 %), des mineurs de fond (10 %) mais surtout les journalistes (30 %).

Comment ne pas éclater de rire en découvrant que les « Speakers de la radiodiffusion-télévision française » ne bénéficient que de 10 % !

Ainsi, tous ceux que vous voyez paraître à la télévision, artistes, présentateurs et journalistes  paient moins de charges sociales que les vidangeurs, les coiffeurs, les conditionneurs, les caristes, les secrétaires, les comptables, les éboueurs…et sans doute vous et moi.

Précisons néanmoins que tous les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge directe de l’employeur : la déduction forfaitaire concerne les autres frais professionnels… Lesquels ?

Mais on atteint le comble quand on découvre le détail du calcul. (Source, mémento Social Francis Lefebvre, édition 2009)

Soit un journaliste dont la rémunération mensuelle est de 2500 €. L’employeur lui alloue une allocation forfaitaire pour frais professionnels de 400 € et choisit d’appliquer la déduction forfaitaire de 30 %. Pourquoi, ne le ferait-il pas ?

On pourrait s’attendre à ce que les cotisations soient calculées sur 2500 €, en laissant de côté les frais professionnels. Pas du tout : la base de calcul de la cotisation devient 2500 plus les 400 moins les 30 % de 2900, soit 2030 € !

Mais la réduction de cotisations sociales accordée ne se limite pas à la base de calcul.

En effet, les taux applicables aux journalistes se montent à 80 % des taux du régime général pour les cotisations d’Accident du travail, allocations familiales, vieillesse plafonnée cotisation patronale vieillesse déplafonnée, FNAL 0,1% et versement de transport.

Les journalistes ne participent donc pas comme les autres citoyens au financement de la sécurité sociale obligatoire. En l’espèce, sauf erreur ou omission, ils sont les seuls à bénéficier de ce dernier avantage.

Plus de subventions pour la profession.

Le numéro d’avril 2009 de Regards sur l’actualité, publié par la documentation française faisant suite aux Etats généraux de le Presse écrite qui se sont tenus d’octobre 2008 à janvier 2009 décrit avec minutie et sans complaisance la situation des médias français d’aujourd’hui.  Le moins qu’on puisse dire c’est que les conclusions n’ont pas fait beaucoup de bruit dans le Landerneau de la presse parisienne.

Outre le rappel du scandale du monopole d’embauche dans les imprimeries parisiennes, ce qui est discriminatoire au regard de l’article 1132-1 du code du travail, Olivier Bonsart, directeur délégué du groupe SIPA Ouest France revient sur celui de la distribution des Nouvelles Messageries de Presse Parisienne :

« Comme pour la fabrication, un quasi-monopole syndical a été mis en place aux NMPP, avec les conséquences sur la productivité et l’organisation du travail que l'on connaît, sans pour autant limiter les conflits sociaux. » (Regards sur l’actualité n° 350, page 56).

Lors de l’ouverture des Etats généraux le 2 octobre 2008, le président de la République a rappelé que les subventions de l’Etat à la presse représentaient 1 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 10 milliards ! Un secteur subventionné, année après année à hauteur de 10 % de son chiffre d’affaires !

« Grosso modo, peut-on lire dans le même numéro de Regards sur l’actualité, cela signifie que les salaires et les dépenses courantes des journaux sont payés par l’Etat à partir du 26 de chaque mois... »

Et le contribuable n’aurait pas son mot à dire sur la gestion et la qualité éditoriale de la presse française ? Quelle est liberté de la presse placée ainsi sous perfusion par les fonds publics ?

Et encore, ces aides ne tiennent pas compte des avantages fiscaux et sociaux octroyés aux journalistes !

Les journalistes, les médias sont très inquiets. Pour la première fois dans l’histoire de la presse écrite, le contrôle de l’information leur échappe : les rapports officiels, les lois, les documents originaux, les discours, les chiffres sont facilement accessibles en ligne et de nombreux contributeurs, qui n’ont pas leur carte de journaliste, participent à la diffusion et à l’analyse de l’information.

Certes on trouve de tout sur la toile, mais « l’honnête homme », possédant un minimum de culture et de sens critique peut faire son chemin et s’affranchir d’une bonne partie du filtre des médias.

Pour finir, ce constat d’Olivier Bonsart particulièrement pessimiste pour la presse nationale :

Les quotidiens français « vont devoir livrer une bataille intense pour, en cas de victoire, n’avoir plus que dix ans de retard sur leurs confrères européens. »

Alain Toullec

PS : pour se procurer ce décoiffant numéro de Regards sur l’actualité, cliquez sur le lien suivant

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/revues-collections/regards-actualite/2009/sommaire350.shtml

Version papier, 7,80 €, version PDF, 5,5 €.

Par Dialectikon
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 16:35
En vous remerciant de votre indulgence et de votre fidélité, veuillez accepter tous mes voeux de belle et bonne année 2008

 

Tartuffe, patron de presse.

 

Tout le monde connaît l'adage attribué aux chinois : « Lorsque le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt ».

Au volume d'articles et de réactions consacrés à l'escapade présidentielle en Egypte, notre sage-illusionniste a connu un franc succès .

 

Ceux qui se gaussaient de la France étriquée et collet monté d'avant les années 68 s'offusquent aujourd'hui du prétendu manque de dignité qui affaiblirait la fonction présidentielle. Libération choqué, de qui se moque-t-on ?

Lors de la conférence de presse du président de la république de janvier, il a fallu subir en deuxième position la question sur les amours présidentielles.

Il y avait pourtant beaucoup à dire, à redire, à débattre et à s'interroger à l' énoncé de son discours, l'équivalent d'une dizaine de pages serrées : mais les participants l'ont-ils seulement écouté ? Et les journalistes se plaignent d'être « instrumentalisés » ? Ils brocardent le président sur ses capacités de communicant ou de manipulateur : qu'est-ce qui les empêche de s'en affranchir ?

 

En ne posant aucune question sur le sujet, ils auraient pris Nicolas Sarkozy à son propre piège et il se serait pour le coup ridiculisé en l'abordant de lui-même.

 

Toute la classe médiatique a su observer pendant plusieurs décennies un silence glacial et complaisant sur le double foyer de François Miterrand financé par les contribuables. Pourquoi les journalistes se précipitent-ils désormais comme des mouches sur la moindre lumière, virevoltant et vrombissant, la bouche tordue de plaintes et de lamentations alors qu'ils sont directement responsables de qu'ils écrivent, du choix et de la forme de leur sujet ?

Le Président s'expose personnellement ? Ils ne sont pas obligés d'en parler.

 

Au cours du mois de Décembre par exemple les journalistes de Radio Classique ont servilement ressassé jour après jour les mêmes remarques de potaches sur la « fréquentation » du président. Il est vrai aussi que par ailleurs le chroniqueur attitré avait désormais réduit la revue de Presse à la paraphrase de l'éditorial de Libération pendant que le reste de la rédaction (sic) faisait l'apologie des FARC et de leur complice Hugo Chavez : il fallait les entendre s'extasier de l'annonce « du geste spectaculaire » de la libération imminente de trois otages. ( l' enfant martyr en faisait alors partie )

Dire qu'il y a un an encore, c'était la radio de l'économie !

 

Si Sarkozy abuse du Glamour pour ses déplacements personnels, se souvient-on que ses prédécesseurs abusaient du GLAM pour ces mêmes motifs... A nos frais.

Un journal comme Le Point n'a pas attendu ces derniers mois pour nourrir semaine après semaine une page pipelette : son titre « Ces gens là » recèle d'ailleurs sur le plan sémantique ce petit côté hautain et méprisant de ceux qui sont au dessus de tout cela... mais regardent et en parlent quand même.

« Chez ces gens-là, Monsieur, chantait Brel, on ne vit pas, Monsieur, on ne vit pas... On triche... »

... // ...
 
Lire la suite de l'éditorial sur http://www.dialectikon.com
 
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /Jan /2008 17:18
J'ai créé sur Facebook ( www.facebook.com/ ) un groupe intitulé " Pour la suppression des Conseils généraux et la fusion de communes "
 
Du fait de l'attachement affectif d'une partie de la population à leur département et à leur commune, il me semble nécessaire de promouvoir tout de suite deux mesures :
- suppression des Conseils généraux et transferts de leurs compétences ( sic ) aux régions ;
- profiter des élections municipales pour appeler les candidats à s'engager au regroupement des communes pour gagner en efficacité et baisser les impôts locaux par la mutualisation réelle des moyens. En effet les communautés de communes se sont coûteusement ajoutées à nos 36 000 municipalités.
 
Des militants du MODEM et de AL ainsi que de nombreux libéraux indépendants ont rejoint le groupe. Je gage que les Réformateurs peuvent être séduits par ce mouvement. Mais il me semble aussi nécessaire que de nombreux citoyens s'engagent dans ce combat concret pour une structure administrative plus efficiente ( j'entends par là la recherche de l'efficacité au moindre coût ) et ne laissent pas l'initiative aux partis et qu'elle ne restera pas lettre morte dans les programmes après les élections.
 
Je vous invite à venir soutenir ( et discuter ) cette proposition et dans la mesure du possible de rejoindre ce groupe sur Facebook
Par Dialectikon - Publié dans : La Démocratie en question
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 14:47
 
Le mercredi 12 décembre 2007, Éric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la fonction publique publie un rapport.
En page 6 on peut lire concernant la Ministère de la justice :
« Examen de la possibilité de déjudiciariser (sic) le divorce par consentement mutuel, qui pourra être réalisé devant les notaires lorsque l’ensemble des conditions du divorce fait l’objet d'un accord entre les époux ».
On a bien lu « examen de la possibilité » ...
Plus bas dans la page s'affiche un encadré titré « Divorce par consentement mutuel : fini le recours au juge ? »
 
Ce point d’interrogation n’est pas anodin : c’est le seul encadré de tout le rapport qui s’interroge ainsi.
Le deuxième paragraphe commence par ces mots : « Le Conseil de modernisation des politiques souhaite… »
 
Mais voilà, nous sommes déjà dans l’impasse, le mécontentement gronde et des avocats interviennent sur tous les médias pour s'insurger contre cette décision injuste !
 
Ainsi, le gouvernement examine une possibilité, s’interroge sur une mesure, un comité de réflexion émet un souhait et une semaine plus tard des magistrats et des avocats se mettent en grève ! C'est la revanche de Pavlov !
 
Penser, réfléchir, s'interroger, souhaiter, évoquer... gageons que l'édition 2008 du Petit Larousse supprimera ces verbes rendus inutiles par nos éminents juristes.
 
La France ne se met plus en grève contre des « lois scélérates » mais contre la simple énonciation d'idées : on ne va tout de même pas se mettre à débattre, discuter, parlementer ou négocier ! « Faut pas se prendre la tête avec toutes ces embrouilles ! »
 
Vrai ou faux, tort ou raison, juste ou injuste, pertinent ou impertinent : de toutes façons c'est non !
 
Décidément, ces gens réagissent comme des enfants gâtés hurlant de colère au moindre bonbon refusé. Sans l'espoir d'atteindre l'âge de raison.
 
Et il nous reste plus qu'à pleurer avec Du Bellay la disparition de cette « France, mère des arts, des armes et des lois ».
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 08:55
 
lire la suite sur http://www.dialectikon.com 

 

Grèves corporatistes et égoïstes, blocages et destruction de biens publics, émeutes, l'automne français de 2007 ne nous aura pas épargné.

Face aux refus de voir et de savoir, à la négation du droit, la classe politique et médiatique se tait sur le fond et affiche une silence complice sur la forme.

 

Déni de justice

 

Mais le plus affligeant, c'est que pas un ministre, pas un responsable politique, pas un intellectuel médiatique, pas un journaliste n'ose réaffirmer la règle de base de toute société civilisée : quels que soient le désarroi ressenti et le dommage subi, on ne peut en aucun cas faire justice soi-même.

Si cette règle n'est plus d'actualité, qu'on nous le dise : mais alors il ne faudra pas pleurer sur le retour de la loi de la jungle.

 

Déni de

démocratie

Il était pathétique d'observer dans son émission, Serge Moatti, le regard fuyant, battant en retraite devant l'aplomb de cette déléguée de la coordination étudiante, s'auto-proclamant représentative. Lors de ce débat toujours savamment déséquilibré, face au bredouillant Henri Guaino et une majorité d'invités sympathisants, debout, sans état d'âme et sûre d'elle même, elle dominait.

Bien entendu l'étudiant non gréviste n'a pas été autorisé à s'exprimer complètement : il est vrai aussi que contrairement aux activistes, ces jeunes manquent de formation à la dialectique et à la prise de parole en public.

( soutenez l'Institut de Formation Politique )

Sur une autre chaîne on a pu voir un reportage sur l'occupation de l'Université de Rennes II.

Les journalistes accompagnaient le vice-président, venant de constater l'interdiction qui leur était faite de circuler librement dans cet établissement public : ils repartent et sont harcelés par un gréviste, s'immisçant dans l'entretien, réclamant le droit de ne pas être filmé tout en se plaçant entre la caméra et le vice - président, virevoltant. Un chef d'œuvre de malhonnêteté intellectuelle et de provocation : il n'élevait pas la voix, n'usait pas de violence au sens strict mais exigeait des réponses, s'interposait, plaçant sa main sur l'objectif de la caméra, exerçait un droit d'interpellation sans respect de l'interlocuteur, des journalistes et bien entendu des téléspectateurs. Pour un militant, il n'y a qu'un pas du harcèlement à la guérilla.

 

Enfin, dans l'indifférence générale, François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, représentant du peuple à l'assemblée nationale, accepte le blocage des Universités lorsqu'il est voté « démocratiquement » : pourtant le vote ne légitime pas ce qui est contraire aux bonnes mœurs, illégal et anti-constitutionnel. Faudrait-il considérer comme légitime une assemblée générale votant, y compris à bulletins secrets, la destruction d'une faculté, la prise d'otages, l'assassinat d'un président d'Université ou d'un élu ?

 

Supposons qu'à Villiers le Bel, les policiers soient les uniques responsables de l'accident de la circulation qui a coûté la vie à ces deux adolescents. On peut alors comprendre la peine extrême des amis et parents, leur colère même, l'appel à la justice par des plaintes déposées, mais en aucun cas ce déferlement de vengeance et de haine, cette haine sans cesse réclamée et justifiée. Ils disent « j'ai la haine » comme on a la vérole ou la grippe parce que « je hais » renvoie à sa propre responsabilité.

Par Dialectikon - Publié dans : Administration
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Samedi 17 novembre 2007 6 17 /11 /Nov /2007 18:05
Monsieur le Secrétaire Général,
 
Permettez moi de vous faire respectueusement part de la plus profonde indignation d'un électeur de Nicolas Sarkozy.
 
La presse se fait écho ce jour du refus de l'UMP de participer et de soutenir la manifestation Anti-blocage du 18 novembre à Paris.
 
Je suis amené en en tirer les conclusions suivantes :
 
1/ L' UMP et ses militants n'ont pas le courage de soutenir publiquement les réformes entreprises par le gouvernement.
 
2/ L' UMP soutient les comportements anti-démocratiques de syndicats corporatistes et de groupes extrémistes qui sabotent l'Université française, entravent l'activité économique et portent atteinte à la liberté du travail et de circulation des citoyens français.
 
Sans doute protesterez-vous de votre bonne foi, que ce n'est pas ce que vous voulez dire, que c'est un "problème de communication" : vous devez être conscient que c'est le message que vous adressez aux français. Et nous le recevons comme tel.
 
Ne pensez-vous pas que la vraie rupture politique serait l'ouverture vers la société civile ? De se mettre enfin à son écoute ?
 
Il parait que les syndicats sont dépassés par leur base : c'est sans doute la même mésaventure qui  attend les partis et les cadres de la majorité présidentielle.
En continuant de regarder de haut Liberté Chérie, Contribuables associés ou l'IFRAP vous vous coupez des forces vives et montantes du pays : être élu ne rend pas infaillible et omniscient.
 
Vous avez dit " les manifestations ne sont pas dans notre culture " . Oubliée celle de 1984 pour la défense de l'école libre ? " Enterrée celle de 1968 qui mit fin à la chienlit ?
La rupture, c'est aussi de sortir de son cadre de référence, c'est remettre en cause les habitudes d'immobilisme, de fatalisme et d'abdication devant la moindre opposition qui ont bloqué les réformes depuis plusieurs dizaines d'années.
 
Monsieur Xavier Bertrand aurait dit au sujet de la manifestation de dimanche :" Il est trop tôt " !
 
Alors permettez-moi pour finir de citer le président du Sénégal, Monsieur Abdoulaye WADE
" Le « donner du temps au temps » , non, c'est fini ! Nous avons assez perdu de temps. "

Je croyais qu'en substance c'était aussi le message du Président de la République. Ce n'est pas semble-t-il celui de l'UMP.

En vous remerciant des quelques instants que vous avez consacrés à me lire et en espérant vivement un  sursaut citoyen de votre parti, je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, mes respectueuses salutations.

 
Alain C. TOULLEC
Par Dialectikon - Publié dans : La Démocratie en question
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